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ESWC 06 : le E-Sport en transition
Pendant trois jours de compétition non-stop, le POPB avait un drôle d’accent international. Les 53 nationalités des équipes présentes poussaient clairement à l’éclectisme dans les travées de ce temple du sport électronique, mais une langue semblait parlée par tous : la bonne humeur. Une bonne ambiance clairement ressentie également chez les spectateurs, là encore très disparates, venus assister à l’événement. Les petits groupes d’amateurs s’installaient immédiatement derrière leurs joueurs favoris pour donner de la voix, tandis que les plus jeunes spectateurs, souvent accompagnés de leurs parents, tentaient de leur expliquer le gros des règles des différentes disciplines. Le chauvinisme aidant, c’est autour des matchs des joueurs français que la cohésion du public fût la plus forte avec à l’apogée, l’affrontement en finale de Counter-Strike féminin qui opposait les françaises des BTB aux suédoises des Seules. Une finale remportée avec panache par les française dans une hystérie générale. Du grand spectacle que tous, spécialistes ou non, ont apprécié comme nous l’expliquait Pascal, un père de famille accompagnant ses trois fils : "Avec mes fils, je suis obligé de me tenir au courant de ce genre de compétitions car ce sont des mordus de jeux. Aujourd’hui je comprends mieux l’enjeu des différents matchs et je suis impressionné par le niveau des compétiteurs : de vrais professionnels alors qu’ils sont très jeunes pour la plupart. […] C’est en tout cas un spectacle très sympa à suivre".Un tournoi dominé par le sport électronique numéro un au monde, Counter-Strike, qui offrait cette année 160.000$ de prix dont 52.000$ pour les vainqueurs brésiliens des MIBR qui se sont imposés face aux suédois des Fnatic (16/6), eux-mêmes tombeurs des favoris américains de la Team 3D, en finale d’un très joli tournoi et au cours d’une finale menée de main de maître. Mais Counter Strike n’est pas seulement un sport de mecs, et l’écart de niveau entre ces messieurs et ces dames s’amenuise de plus en plus avec le temps. D’ailleurs, c’est une équipe des BTB rayonnante que nous avons pu voir survoler la compétition, ne concédant qu’un match nul dans leur parcours contre les Seules, l’équipe suédoise que nos cinq championnes ont complètement dominé 16/6 en finale sous la clameur du public parisien. Counter-Strike, seul sport d’équipe de la compétition, a donc offert une nouvelle fois un merveilleux spectacle technique, tactique où le mental a fait la différence.
Tout comme le circuit de Counter Strike féminin, les cinq autres disciplines officielles étaient toutes dotées de 40.000$ de prime dont 13.000$ pour le champion, malgré le caractère individuelles de celles-ci. Des disciplines qui virent toutes s’imposer des français, sur leur territoire, excepté le circuit Warcraft 3 dominé par le coréen Lucifer qui a remporté le titre face au hollandais Zeus et qui succède donc à Grubby, un autre hollandais qui avait remporté la compétition l’an passé. Une domination de Lucifer qui confirme le poids de la scène coréenne en matière de RTS, que beaucoup expliquent par le fait que la Corée soit une terre de jeu avant-gardiste en terme d’E-Sport, surtout dans les jeux de stratégie, véritable sport national depuis des années qui ne compte plus ses champions (FoV et Reign en étant les meilleurs exemples).Pour le reste de la compétition, même si la France est considérée comme en retard en matière d’E-Sport par rapport à des pays comme l’Allemagne, la Corée ou la Suède, les athlètes français ont mené la compétition à leur avantage. Que ce soit sur Gran Turismo 4 (Snake vainqueur et podium 100% français), Trackmania Nations (Carl), Quake 4 (Winz) ou Pro Evolution Soccer 5 avec une finale franco-française remportée par Spank, nos cyber-athlètes ont clairement survolé les hostilités.
Malgré quelques problèmes de régie, l’organisation fut donc une jolie réussite aussi bien pour le public que pour les compétiteurs croisés en salle de presse qui semblaient ravis de leur séjour parisien. Un public qui regrettait un peu de ne pouvoir approcher les joueurs d’aussi près que l’an passé, mais c’était un sacrifice nécessaire pour offrir à la fois des conditions de compétition optimales pour les joueurs et un confort pour le maximum de spectateurs, comme nous l’expliquaient certains membres du staff. L’immensité de Bercy n’aura donc pas desservi l’événement, ce que beaucoup redoutaient, mais il semblerait au contraire que l’ESWC ait enfin trouvé les grandes lignes de sa formule miracle (à peaufiner certes) attendue depuis longtemps.Avec une telle réussite, voilà qui permet de lancer le débat autour du rang mondial de l’E-Sport en France, son implantation, sa place dans les médias ou encore sa diffusion. Tant de questions auxquelles il est difficile de répondre de façon purement objective compte tenu de la grande disparité du sujet. Pourtant, certaines discussions au cœur de Bercy nous auront permis de faire un léger point sur le sujet.
Et à ce propos, les cyber-athètes rencontrés sont unanimes : les infrastructures françaises font un gros travail, qu’elles soient professionnelles - comme Games Services - ou amateurs. C’est donc clairement la passion qui fait avancer l’E-Sport en France, et il y a beaucoup plus de tournois et de lan-party aujourd’hui qu’il y a quelques années. Des rencontres qui permettent de communiquer autour du sport électronique et qui permettent aux joueurs un entraînement quasi constant. Spank (vainqueur du tournoi PES 5) avouait d’ailleurs participer à "plus de quarante tournois par an", soit pratiquement un chaque week-end en marge de son entraînement quotidien.
Pourtant, malgré cet engouement toujours plus fort autour de ces compétitions, la France n’arrive toujours pas à communiquer efficacement autour de cette culture du jeu là ou d’autres pays comme la Suède ou l’Allemagne (pour ne citer que nos voisins) ont réussi à implanter la culture du « gaming de haut niveau » comme une activité appréciée par un plus large public. Non pas que dans ces pays la population soit entièrement acquise à la cause du jeu comme c’est le cas en Corée (un pays très atypique en matière de sport électronique), mais ce sont des régions d’Europe où les compétitions de jeu sont mieux perçues par l’ensemble des joueurs, ce qui aide évidemment les organismes à se développer plus facilement (sponsors plus abondants, retombées économiques plus importantes) et attire davantage de joueurs.
En France, l’E-Sport reste et demeure une grande famille (très sympathique au demeurant) mais qui semble condamnée à rester plutôt confidentielle. Games Services a donc un grand rôle à jouer selon les joueurs pour imposer le sport électronique aux médias et au grand public puisque c’est la seule structure capable de monter des événements de cette ampleur. Un savoir faire acquis lors de l’organisation de Lan Party géantes (Lan-Arena) comme l’expliquait Matthieu Dallon, co-fondateur de cette structure.Interview : Damien Labourot, Directeur Technique chez Asus
Interview AsusBonjour Damien et merci de nous accorder un peu de temps pour faire le point sur cette mouture 2006 de l’ESWC et le E-Sport.
• Tout d’abord, comment expliques-tu ce choix de sponsoring de la Coupe du monde des jeux vidéo 2006 ? Il y a une volonté de faire valoir l’image d’Asus auprès des gamers ?
• Nous avons fait le choix de sponsoriser cet événement mondial, afin de montrer au plus grand nombre qu’un portable n’est pas seulement un outil de travail mais que ce dernier peut servir au ludique et donc bien sur aux jeux vidéo. Dans un second temps, nous cherchons clairement à connaître nos clients, comprendre par là, que nous fabriquons depuis des années du matériel orienté gaming, et c’était pour nous l’occasion de montrer notre savoir faire.
• Je discutais avec les gens de chez Goa qui sont là pour présenter leur portail de casual-gaming, le public d’une telle compétition est-il réceptif à des messages plus grand public ?
• Divisons le public en 2, d’abord les joueurs professionnels qui ont passé leur temps libre sur nos stands, qui eux ne sont pas forcement le public attendu pour ce genre d’événements et la communication qui y est associée. Cependant le grand public qui est visiteur d’un tel événement est plus réceptif. Pourtant je mettrais un léger bémol, le public vient s’essayer sur des machines de jeu et voir ce qui va ou ce qui vient de sortir. Nous avions mis des gros systèmes de jeu (EN7950GX2, et processeur Core2Duo), mais nous avions pour but de présenter nos nouveaux écrans LCD orientés jeu, le PG191, peu de remarques négatives nous ont été faite sur cette écran, je dirais même le contraire et c’est plutôt une bonne nouvelle.
• Le marché des ordinateurs portables continue son explosion, vous avez réussi à imposer en marge des disciplines le trophée Asus, un tournoi de Counter-Strike qui se joue justement sur portable. Comment ont réagi les joueurs face à cette première ?
• Alors le feedback des joueurs pro a été très bon sur les A6JM mais comment pouvait-il en être autrement ? Counter commence à dater et on ne peut pas dire que graphiquement ce soit un monstre gourmand. Je suis un peu déçu du choix du jeu mais peu importe, le seul point sur lequel nous devons travailler à l’ avenir sur les portables se situe plus sur l’ergonomie du clavier. Plus d’une centaine de joueur se sont inscrits sur ce premier événement ordinateur portable et nous sommes fier d’y avoir participé. Sur notre stand nous avions mis la démo de Prey et nous avons vu certains joueur du tournoi Quake 4 venir y gouter plusieurs fois. Leur feedback est très étonnant, leur prochain achat se ferait bien vers un portable, une certaine lassitude se ferait sur les machines de 20kg accompagné de l’écran 19 pouces CRT?
• Par anticipation, tout le monde (joueurs, organisateurs, médias et sponsors) parlent depuis plusieurs années de l’essor du sport électronique, de sa diffusion et de sa démocratisation auprès du grand public, mais force est de constater que le secteur peine à vraiment décoller. Comment expliques-tu cela ?
• Malheureusement je crois que l’E-sport a encore besoin de temps pour perdre les clichés habituel du joueur qui joue 80h par semaine, qui ne fait que grignoter sur son clavier et qui ne sort jamais. Un événement tel que l’ESWC au POPB devrait aider mais va demander encore un peu de temps pour réellement exploser. Les joueurs se professionnalisent et c’est déjà la bonne nouvelle.
• Cette année, c’est le POPB – un temple mythique du sport et du spectacle – qui a accueilli la compétition. As-tu l’intime conviction que le E-Sport va enfin percer en France dans les années à venir ?
• Ben il faudra certainement marquer d’une pierre blanche cette année pour l’E-sport Français. Nous sommes champions du monde de Quake 4 (merci Winz !) nous sommes champions sur Counter féminin, victorieux sur Trackmania, et Grand Turismo 4. Maintenant il faudrait qu’il n’y ait plus 4 ou 5 compétitions différentes au long de l’année mais une seule (CPL, ESWC, etc…), c’est comme si la FIFA avait des concurrents se disant titulaire du droit de reconnaître des champions du monde de football…
• On le disait, le grand public tarde à s’intéresser massivement au phénomène du sport électronique pourtant les sponsors sont de plus en plus nombreux puisque des groupes comme Orange, Intel, Nvidia, Goa ou encore Asus évidemment, choisissent de communiquer via ce genre de compétition. C’est une façon de se prémunir pour une éventuelle explosion ?
• Pour l’instant le jeu vidéo est perçu du grand public comme un loisir et non comme un sport. Il faudra plus de relais des médias et donc des constructeurs pour faire comprendre que d’être champion sur un jeu demande de la discipline, de l’entrainement, de la tactique, enfin bref tout ce qui fait d’un jeu, un sport et donc d’un joueur, un athlète. Nous avions, nous partenaires, tous quelque chose a montrer aux joueurs, ASUS c’était globalement les portables et le nouvel écran LCD, Intel son nouveau CPU Core2Duo qui va certainement faire une énorme percée dans le monde des joueurs, Orange profitait de l’événement pour lancer ses plateformes de jeu sur téléphone portable et NVIDIA montrait la puissance de son quad SLI ou l’étonnant Quake 3 fonctionnant sur…un téléphone portable, en un mot bluffant ! Enfin en commentaire personnel, je dirais qu’il vaut mieux être dans le wagon de tète à ce genre d’événement que prendre le train en marche, il parait indispensable d’être présent des le début tellement les retombées dans le futur pourront être énorme. Il ne suffit de voir que ce qu’il se passe en Corée pour se dire que la terre entière pourrait se voir « contaminer » du même syndrome, le jeu y est partout présent, une autre façon de vivre...
• L’industrie toute entière parle continuellement de la tendance du casual-gaming, à l’opposé du core-gaming à la fête pendant l’ESWC. C’est une tendance que les constructeurs de matériel comme Asus prennent en compte ?
• Oui nous prenons ce phénomène en compte et nous sortirons des solutions intéressantes pour les nomades, accrocs au portable qui se sentent « rejetés » de la possibilité de jouer sur leur écran à la maison. Je n’en dirais pas plus pour le moment mais un produit assez étonnant pourrait bien finir de pousser les joueurs a basculer vers l’ordinateur portable.
• On imagine que les retombées économiques du sponsoring d’un tel événement ne sont pas directes, mais quelles sont celles attendues par Asus ?
• Les retombées économiques sur un tel événement ne sont clairement pas chiffrables, et quelque part nous ne venions pas pour cela, mais plus pour apprendre. Nous n’avions pas d’objectif précis en terme de retombées cependant nous espérons légitimement avoir ouvert la brèche du gaming sur portable, et d’avoir quelques retombées en terme de vente. Car nous avons maintenant une licence officielle « d’ordinateur officiel ESWC » à rentabiliser ce que nous allons faire dans les prochains mois. Autre point, nous étions partenaire de la FNAC pour son trophée et ceux déjà sur portable. 4500 joueurs ont pu s’affronter sur Trackmania sur nos A7J, et cela a déjà bien aidé aux ventes. Nous allons essayer d’intensifier notre présence dans le monde des événements dédiés aux joueurs afin de permettre une reconnaissance du E-Sport et plus seulement de « jeu sur pc ».
• Merci encore de nous avoir accordé un peu de ton temps. Je te laisse le mot de la fin aux lecteurs de Gamebe…
• Merci pour cette interview au lendemain de la clôture, merci à tous ceux qui sont venus s’essayer sur nos machines de jeu pendant ces trois jours, et merci a Games Services pour l’organisation de cet événement au POPB, le nouveau temple de l’E-sport. Enfin aux lecteurs de Gamebe, je n’aurais qu’un mot a dire… Mathieu n’a pas pu m’affronter à PES 5 (ce n’est pas force d’avoir demandé) et ce n’est que tant mieux…enfin surtout pour moi et ma fierté (qui en aurait pris un gros coup pour sûr) !Interview : Axelle "Izee", championne du monde de CS avec les btb
Axelle Izee - BtBBonjour Axelle et surtout bravo à toi et aux BtB pour nous avoir offert ce qui restera, à mon sens, comme le moment fort de cet ESWC 2006, votre victoire écrasante sur les Seules dans une super ambiance. Vous aurez au moins fait trembler Bercy…
• Tout d’abord comment vit-on une compétition comme celle là de l’autre côté de la barrière ?
• Ce sont des moments forts qu'on ne peut pas oublier. Des joies, des pleurs, des cris, des sourires... Une formidable expérience sportive mais avant tout humaine. Les meilleurs joueurs du monde réunis sous un tel décor et un public déchaîné. C'est encore aujourd'hui très émouvant.
• J’imagine qu’une participation à l’ESWC représente l’aboutissement de beaucoup d’efforts ?
• En effet, nous avons durement travaillé tout au long de l'année pour participer à cette coupe du monde. L'équipe s'est premièrement construite en décembre 2005 avec l'arrivée de KaY_^ et moi-même. Puis, ont suivi quelques changements comme l'arrivée de DiAmOnd- ou récemment celle de RiTTa. Notre travail a porté ses fruits ! C'est ce qu'on retiendra pour la prochaine saison.
• A ce sujet, comment se déroule ton entraînement personnel et avec l’équipe ? Concédez vous beaucoup de sacrifices ?
• Je ne pense pas qu'on puisse parler de sacrifices puisque le jeu est une passion pour nous. On aime jouer et évoluer ensemble. Il est sûr que la rage de vaincre demande beaucoup d'entraînement, j'entends par là de 3 à 4 heures par soir, 4 soirs par semaine (en équipe) et chacune s'entraîne comme elle le souhaite à côté; il n'y a pas de plan défini pour chaque fille. Ainsi, on s'organise selon nos projets, nos sorties, nos études...
• J’ai longtemps entendu dans les couloirs de Bercy, que l’assiduité de la quasi-totalité des joueurs s’apparentait au professionnalisme des athlètes traditionnels. Qu’en penses tu ?
• Je suis tout à fait d'accord; l'e-sport est bien considéré comme un sport grâce à la motivation, la rigueur, la perspicacité et la disponibilité dont les joueurs font preuve. Le professionnalisme devient un trait essentiel et indispensable à ce niveau de jeu. On anticipe également nos rythmes de sommeil et notre résistance à la fatigue après 5 matchs d'affilée; tout est coordonné afin de pouvoir jouer dans les meilleures conditions possibles. On dispose également d'une structure autour de BTB qui nous oblige à être professionnelles dans le sens où certains écarts ne pourraient être tolérés par l'équipe et pour l'équipe.
• J’ai également appris, que tu avais repoussé ton entrée dans le monde du pro-gaming pour te consacrer à tes études et je t’en félicite. Pourtant, quand on voit de jeunes champions de quinze ans, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur les perspectives de carrières qui s’offrent aux cyber-athlètes. Qu’en penses tu ? Peux-t-on vraiment tirer des revenus substantiels nécessaires en étant joueur de haut niveau ? Combien de temps peut durer une carrière ?
• Je pense qu'il faut savoir concilier les deux. Certains arrivent très bien à gérer à la fois une vie professionnelle et sportive, d'autres nécessitent de ne se consacrer qu'à une seule option à la fois. Chacun à ses propres motivations et ambitions qui feront pencher la balance d'un côté ou d'un autre. Cela dit, on ne peut malheureusement pas encore vivre de l'e-sport en France faute de "sous-développement" de ce dernier. On pourra tout de même imaginer des joueurs réellement rémunérés d'ici 4 à 5 ans.
Une carrière peut, selon moi, durer 2 ou 20 ans. Tout dépend de l'envergure psychologique du joueur et non pas physique. D'autres, comme btb * milkman par exemple, vous diront qu'après 25 ans vos reflexes (...) ne sont plus suffisants pour prétendre au titre de champion du monde. Sujet en suspens...
• Quelles sont d’ailleurs à ton avis les qualités essentielles nécessaire pour devenir joueur de haut niveau ?
• Le professionnalisme est un trait majeur : rigueur, assuidité, remise en question, disponibilité, entrainement, motivation, esprit de compétition... Chacun a un talent qu'il faut savoir exploiter. Il est certain que tous les joueurs ne disposent pas de toutes ces qualités bien évidemment, mais je pense qu'un peu de tout donnera un résultat très convenable. La structure BTB ajoute son brin de sagesse et d'expérience ce qui nous est très profitable.
• Le mental a donc une importance considérable, comment gères-tu la pression d’un match sur scène par exemple ?
• En effet, le mental est un aspect du jeu et on y est très préparées ! Nos deux matchs sur scène ont été très impressionants et intimidants. Globalement, le public a un effet positif car il nous encourage et nous pousse à nous surpasser pour lui donner ce qu'il veut voir : du spectacle.
Il est certain que la pression est énorme mais on pourrait appeler cela une "bonne pression".
Personnellement, je fais totalement abstraction de ce qui m'entoure, je ne vois plus que mon écran et je n'entends plus que le jeu et mes mates; une sorte d'isolement.
On joue un match comme les autres, on donne le meilleur de nous afin de ne pas avoir de regrets en cas de défaite. On efface le tag de l'équipe adverse et on pose notre jeu avant tout. Au fil des rounds, la pression disparait...
• Counter-Strike est le seul sport d’équipe officiel de l’ESWC ce qui le rend encore plus beau. Comment s’organise une équipe comme les BtB ? Quel est le rôle du manager ?
• Une grosse structure suit les BtB depuis le début de la saison. Le staff se charge d'organiser les bootcamp, les déplacements, les budgets, la communication... Disons que les joueuses n'ont qu'à cliquer. :)
• As-tu l’intime conviction que la popularité du E-Sport va s’accroître dans les prochaines années ?
• Absolument. Regardez l'engouement des spectateurs pour l'eswc, le nombre de personnes qui ont fait le déplacement afin de soutenir leurs équipes préférées et l'augmentation des dotations, l'e-sport devrait s'accroître au fil des années. Ajoutez des sponsors de plus en plus présents dans ce monde du jeu vidéo et l'on devrait assister à une explosion des grosses structures nationales et internationales.
• Les filles auront sûrement un grand rôle à jouer dans ce domaine car les médias sont souvent plus curieux des joueuses. Une donnée qui a poussé Ubisoft à créer la team des Frag-Dolls. Que penses-tu de ce phénomène ?
• Pourquoi pas. Si cela peut permettre un réel développement positif de l'e-sport féminin. Les joueuses sont là pour attirer l'oeil des spectateurs et donner une autre envergure du jeu vidéo; le phénomène Frag-Dolls à été sujet à beaucoup de critiques, je ne trouve pas cela malsain dans le sens où les filles ne viennent pas uniquement pour sourire mais exposent de nouveaux jeux et y intègrent une passion tout comme nous. C'est simplement une autre forme de développement !
• Pourtant, malgré un certain engouement de la presse pour les filles, comment interprètes-tu le fait que les prix qui vous sont accordés sont moins importants que ceux remis aux équipes masculines et qu’en terme financier, il vaut mieux pratiquer une discipline solo ?
• Cela est probablement du au fait que Counter-Strike Women est une discipline récente, alors que les premières compétitions internationales (majoritairement masculines) remontent approximativement à 4/5 ans. On dénombre encore peu d'équipes se partager le podium féminin.
Jouer en solo ou en équipe dépend avant tout du caractère de la personne. On peut assimiler ce choix à celui de pratiquer le football ou le tennis : notre aptitude à jouer en équipe est un facteur clé de cette décision. Personnellement, je joue en équipe afin de ressentir et partager des émotions avec mes coéquipières. De plus, l'aspect financier n'est pas notre but premier, nous recherchons plus la gloire que l'argent.
• Merci beaucoup en tout cas de nos avoir accordé un peu de ton temps de repos suite à cette très belle performance. C’était un plaisir pour nous, je te laisse le mot de la fin aux lecteurs de Gamebe…
• Je tiens à remercier tout d'abord mes championnes (Biki, MiTsu, DiAmOnd-, RiTTa) pour m'avoir permi cela, mon coach milkman qui nous a énormément apporté cette année, nos sponsors Alienware & inGame qui nous ont offert une structure des plus solides et du matériel de très haute qualité, ainsi que tous les gens qui nous ont supportées, nous supportent et nous supporterons... Merci à toi et aux lecteurs de Gamebe !
Le 20 janvier 2008 à 21:56 par phildu
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°.°
pour moi c'est un sport, et bien meilleur que "vos" sports dans la mesure où il est impossible de gueuler que l'autre triche et que l'arbitre pue..
et sinon je ne vois pas en fait pourquoi certains se demande si cela peut être un sport ? "réellement un sport". J'attends les critères opposés de pied ferme..
Le 20 janvier 2008 à 23:13 par Darky
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Dis donc Phil tu pourrais me faire 1 résumé... J'ai les yeux qui coincent...
Le 21 janvier 2008 à 17:56 par Zombie
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Darky, j'associe le sport à un exercice physique même la marche ou le golf... Les échecs pour moi ne sont pas un sport, ni le scrabble, ni le sudoku.
Donc le sport devant 1 ordi j'ai un peu de peine...
Un match de tennis ou de boxe sur Wii en étant assis dans un fauteuil ???
C'est sans doute nerveusement actif mais pour le muscle ça me semble à peine moyen.
Une partie de squatch marie les deux de façon pour moi plus palpable...
Y a t il quelque élément qui m'échappe au délà du sport qui n'est plus que cérébral ?
Le 21 janvier 2008 à 18:03 par Zombie
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à la base, le sport c'est pour savoir qui saute le plus haut ?
et bien maintenan les prouesses sont tout autres, meme si les champions de warcraft & Starcraft ont la plus grande dexteritée et vitesse des main au monde (bien plus élevée que les virtuose du piano)
le sport, meme si ça rentre dans un definition personelle, pour moi c'est savoir qui ou quel groupe est meilleur dans tel domaine qui nescessite un entrainement.. (pour ne pas faire rentrer le chi-fou-mi dedans)
bref, le sport pour toi c'est sueur et adrénaline, pour nous c'est strategie et adrenaline..
Le 21 janvier 2008 à 18:15 par Darky
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Non.
Pour moi le sport c'est ce qui permet de donner un corps sain à un esprit sain.
Pas besoin d'adrénaline et la sueur étant la même chose que l'urine on pisse moins c'est tout.
Le 21 janvier 2008 à 22:25 par Zombie
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