Je suis mariée depuis plusieurs années et, même si notre couple a traversé des périodes difficiles, je sentais toujours au fond de moi qu’il y avait de l’affection et que cela valait le coup de continuer. On n’avait pas de fracture profonde, ni de désaccord majeur qui expliquerait une rupture.
Il y a quatre mois, nous sommes devenus parents. C’était un enfant très désiré. Malheureusement, la grossesse et l’accouchement ont été compliqués, et je ne suis pas encore vraiment remise. Aujourd’hui encore, je vis avec des douleurs et je n’ai pas retrouvé un état normal. Je me sens épuisée, et physiquement cela me demande une énergie énorme au quotidien.
Mais ce qui me pèse le plus, ce n’est pas seulement mon corps. Depuis la naissance, je n’éprouve plus d’amour pour mon mari. Là où il y avait une vraie tendresse, je ressens désormais un vide. Quand il me touche, quand il passe le bras sur moi, ou quand il me prend dans ses bras, je suis mal à l’aise. Or la proximité physique a toujours compté pour moi. J’ai aussi du mal à l’embrasser, comme si cela ne venait pas de moi, comme si c’était faux.
Quand il me parle de sa journée, de ses peurs, de ses doutes, je m’aperçois que je m’en fiche et que je deviens agacée, alors que je suis quelqu’un d’empathique en temps normal. Parfois je lui trouve de la peine, parce que je vois que la situation le travaille, mais les sentiments ne reviennent pas vraiment.
Je pense aussi à une idée qui me fait peur: je me dis que je partirais bien si notre enfant ne nous liait pas. Quand je réfléchis calmement, je sais que c’est absurde, mais mon ressenti dit le contraire.
Je suis vraiment désespérée. Je ne comprends pas ce qui s’est passé, et j’ai peur que notre mariage s’abîme si rien ne change rapidement. Est-ce que quelqu’un a vécu quelque chose de semblable après un accouchement, et peut me dire quoi faire ou par où commencer pour que les choses s’améliorent?
J’espère que tu vas te laisser protéger un peu, même si ton cerveau te crie que tu devrais “tenir bon”. Mon rêve ce serait que tu lises dans ton ressenti un message, pas un jugement sur votre couple.
Ce qui te tombe dessus ressemble, hélas, à un classique des corps mis en mode survie: douleurs, fatigue, hormones en vrac, sommeil zéro… et là, la tendresse se met en veille comme si quelqu’un avait tiré sur le gros interrupteur. Le pire, c’est que ton mari, lui, voit juste une femme distante et peut se sentir coupable. Alors qu’il ne s’agit pas d’une faillite de ton amour, plutôt d’une saturation physique et émotionnelle.
Je te raconte: à mes dépens, j’avais gardé le silence, en mode “je gère”. Résultat, le toucher me donnait une gêne absurde et je devenais sèche quand il me parlait. J’ai fini par craquer en lui disant noir sur blanc que je n’avais pas les moyens affectifs, pas que je ne l’aimais pas. Ça a débloqué un truc.
Premier pas concret: parle à une sage-femme ou au médecin, rapidement, pour douleurs et moral. Et pendant que tu attends, réinstalle de la douceur: autorise des câlins sans exigence, un baiser si tu as l’envie, sinon un “je suis là, mais là tout de suite c’est compliqué”. Ton couple peut encaisser ça sans se fissurer.
Le plus dur c’est que moi aussi après l’accouchement j’avais le cœur en friche; parle vite à la sage-femme, et garde un mini câlin sans pression.
Salut 🙋♀️ Je comprends vraiment ce que tu ressens. Moi aussi, juste après ma première grossesse, j’étais passée par là… On a passé beaucoup de temps à l’hôpital, avec cette peur permanente de perdre le bébé. Au final, ils ont déclenché au bout d’une semaine, parce qu’il y avait une complication de grossesse… L’accouchement a été très dur, presque traumatisant. On m’a fait une épisiotomie, puis après, on m’a recousue, sans que l’on me demande clairement. J’ai eu énormément de points, et pendant des années j’ai eu mal. En plus, j’ai dû mettre des mots dessus et faire un travail en profondeur, côté psychologique. Et puis il y avait mon mari… Il était aux petits soins, toujours là. Mais malgré tout, après la naissance, je n’arrivais pas à le supporter. Je ne voulais pas qu’on me touche. J’avais surtout envie d’être seule… Tout me semblait sans importance. Comme si j’étais déconnectée, même de ses émotions. Et pourtant, au fond, je voyais bien que ça lui faisait de la peine… Ça me faisait de la peine pour lui. Je pense que j’étais tellement enfermée dans mes propres angoisses et mes douleurs, que je n’avais plus la place de m’intéresser au reste. Est-ce que ça te ressemble? J’ai fini par commencer une psychothérapie, et on m’a parlé d’une dépression post-natale. Il a fallu du temps avant de pouvoir à nouveau ressentir autre chose, et à nouveau voir mon mari comme mon partenaire. Ne lâche pas, reste là… Attends peut-être quelques mois, mais surtout, va chercher de l’aide si tu peux. Les hormones jouent énormément, et une grossesse et un accouchement difficiles changent la tête aussi… 😔✨
Ça fait vraiment du bien de te lire, de voir que je ne suis pas seule avec cette impression de tout laisser passer. Ta description colle à ce que je ressens. Je pensais toujours que, dans une dépression post-natale, le lien avec le bébé était surtout touché, pas le lien avec le conjoint. Et pourtant, on dirait que ça peut tout bouleverser. Tu as commencé à chercher de l’aide à quel moment, et ça a mis combien de temps avant que tu voies une amélioration? Pour toi, c’était ton gynécologue qui t’a orientée, ou tu as trouvé un thérapeute par toi-même? De mon côté, je ne cherche pas à me séparer. Je sais que ce que je ressens là maintenant n’est pas toute la réalité. Mais j’ai peur d’attendre trop, parce que je sens que sinon, on va s’user et la situation risque de casser. Je voudrais faire quelque chose, seulement je ne sais pas trop par où commencer… Tu as des conseils concrets? Et surtout, comment tu t’y es prise, étape par étape…
Les sages-femmes et les gynécologues sont de bons contacts, ils peuvent te donner des coordonnées. N’attends pas trop et demande de l’aide. Je te souhaite tout le bonheur!
Je n’ai pas vécu ça moi-même. Après l’accouchement, c’était plutôt une envie différente, mais ça ne ressemblait pas à ce que tu décris. Cela dit, je pense que la situation peut être vraiment éprouvante, alors essaie aussi de te ménager un peu de temps. Entre une grossesse difficile, l’accouchement, et un bébé qui n’a que quatre mois, les hormones peuvent encore évoluer et tout peut paraître chamboulé. Je ne suis ni médecin ni psychologue, mais ça peut valoir le coup d’en parler si tu as des signes qui font penser à une dépression postnatale. Parles-en avec ta sage-femme ou ton gynécologue, pour obtenir un vrai avis et du soutien. Inutile de te sentir coupable ou honteuse, ce n’est pas volontaire. Je vous souhaite le meilleur et beaucoup de courage.
Bonjour. Ce que tu écris, ça pourrait presque être mot pour mot ce que m’a dit une amie. Après l’accouchement, elle m’a confié: « En moi, plus aucun sentiment ne vivait. Je ne comprends même pas pourquoi j’ai eu un deuxième enfant. » J’avais été vraiment bouleversée à ce moment-là. Elle a fini par en parler à son gynécologue. Et il a pu l’aider. On lui a proposé des remèdes à base de plantes, et ça s’est amélioré, mais progressivement. Le vrai tournant, c’est quand elle a compris que beaucoup de femmes traversent ça. Elle a alors su mieux gérer. Le médecin a aussi parlé avec son mari. Ça les a aidés tous les deux. Ils ont été patients et ont tenu bon. Aujourd’hui, leur fille a 16 ans et tout va bien. Courage, parle-en à ton médecin aussi. Ça peut s’arranger!!! 🍀
Bonjour. Je trouve que tu te juges trop durement. Ton bébé a seulement 4 mois. C’est normal d’être d’abord une mère, vraiment à fond. Tu dors combien en ce moment? Le manque de sommeil m’a aussi complètement changée. Pour réussir à retrouver des moments intimes, j’ai mis du temps. Et moi, l’accouchement a été compliqué aussi, avec des semaines d’hospitalisation et un bébé prématuré, donc ce n’était pas simple. Pendant environ six semaines, je me suis concentrée presque uniquement sur mon enfant. Mon mari comptait, mais c’était surtout un soutien en plus. Avec le temps, ça s’est apaisé. Les hormones finissent par se remettre en place. Il faut aussi retrouver sa place, doucement. Donne-toi du temps, et si ça devient trop lourd, demande de l’aide. Courage et prends soin de toi.
Tiens… g l’impression k ton cerveau fait juste un gros “mode survie” depuis l’arrivée du bébé: douleur + tte fatigue = ton corps met la tendresse en pause, c pas un manque d’amour de fond. 4 mois c court, donc tjrs doucement. Un truc peu connu: 10 min par j de contact sans attente, main sur ton dos ou ton ventre, respiration posée, regard vers lui, pas de bisou, pas de pression. Et pk t’en chies, va chercher de l’aide post-nat (sage-femme/psy), t’as le droit.
Tu arrives à en parler facilement avec une sage-femme ou un médecin, ou c’est compliqué? Et au quotidien, tu t’en sors comment? Ce n’est pas complètement rare après un accouchement que les émotions fortes soient plus ou moins absentes. Elles sont là quelque part, mais on ne les ressent plus parce qu’on n’a plus de ressources. D’après ce que tu dis, tu as eu une grossesse et un accouchement vraiment durs. Vous l’avez déjà abordé sérieusement avec quelqu’un et remis au clair? Je pense que ce serait important. Quand tu iras mieux, vous pourrez aussi travailler sur le couple et voir où ça vous mène. Avec un enfant en bas âge, je ne conseillerais pas une séparation “comme ça”: mieux vaut chercher les causes, régler les sujets un par un. Si ça ne change rien, au moins vous aurez essayé. Et au fond, il y a des chances que des sentiments reviennent.
Bonjour, de mon côté j’étais un peu dépassée par tout ce qui ressemblait à des contacts, parce qu’un petit bonhomme restait collé à moi en permanence. La perte de repères et le fait d’être guidée par les événements au début m’ont vraiment bousculée. Après environ un an, ça s’est amélioré et le pire s’est calmé. Tu as fait un bilan complet, avec la thyroïde, le fer, la vitamine D? Si ta grossesse et l’accouchement ont été compliqués, ça pourrait aussi évoquer une dépression postnatale. Dans ce cas, je te conseille d’en parler rapidement à un médecin. Pour la thyroïde, autant voir un spécialiste, les médecins généralistes ne sont pas toujours aussi pointus. Bon courage.