Bonjour…
Mon enfant a presque 5 ans et, depuis quelques semaines, il me pose des questions auxquelles je n’ai pas envie de répondre trop frontalement. J’essaie toujours de protéger le terrain… Je ne veux pas dénigrer son père devant lui. Par contre, dans l’autre sens, ce n’est pas forcément pareil.
Pour vous situer : juste après la naissance, j’ai entendu des remarques très dures de la part du KV… Il m’avait dit que je “m’étais laissée aller”, que je n’étais plus qu’une mère… et le pire, c’est qu’il n’a même pas réussi à faire une seule fois le ménage de la cuisine pendant que j’étais en post-partum. 😕
Je l’ai quitté quand notre petit avait environ 2 mois. Jusque-là, on était déjà dans une relation qui m’épuisait, et je n’avais plus la force de “tenir” à sa façon.
Mais ensuite… lui et sa nouvelle copine ont raconté à notre enfant que j’avais “utilisé” le KV pour avoir un bébé, puis que je l’avais ensuite “renvoyé” dès que l’enfant était là. 🤦♀️ Et évidemment… mon enfant m’a demandé si c’était vrai. Comme je n’avais aucune envie de partir en guerre, j’ai d’abord essayé de répondre sans trop entrer dans le conflit.
Quand j’ai parlé au KV de ce qu’il avait été raconté, il m’a répondu, en gros, que “oui, c’était comme ça”. Puis il m’a sorti une phrase en mode : “C’est pour te MOTIVER, parce que toi tu t’occupais pas de toi.” Et il m’a en plus comparée à sa copine… devant notre enfant.
Ça remonte à il y a deux semaines. Depuis, notre enfant demande plus souvent pourquoi on n’est pas restés ensemble… Moi, j’ai essayé de répondre de manière assez simple, presque “neutre”, du style : on ne s’asseyait pas bien à deux, on était peut-être contents d’être parents, mais on ne voulait plus être en couple. Je lui dis aussi qu’il est aimé, que son père et moi on fait de notre mieux… mais je ne veux pas l’installer au milieu.
Sauf que là, depuis, la situation s’aggrave un peu et ça me met en tension.
Aujourd’hui, par exemple, notre enfant doit de nouveau voir son père… et j’appréhende que le KV et sa copine expliquent encore autre chose.
Autre sujet… depuis un moment, notre enfant ne peut plus dormir chez le KV. La raison donnée : l’appartement est trop petit, et avec tous leurs enfants, ça fait trop. La copine du père a deux filles (9 et 7), ils ont aussi un petit garçon commun (3)… et sa grossesse en cours fait que “tout est compliqué”, donc ils ne peuvent pas ajouter un autre enfant la nuit. 💔
Le KV aurait même dit à notre enfant qu’il serait “triste” de dormir chez eux… et que donc ça ne marcherait pas. Du coup… même si j’ai clarifié les choses avec lui pour rétablir la vérité, je pense que ça a rendu notre enfant triste. 🙃
Je l’ai “rattrapé” en disant : “Ici, tu as TA chambre, tu es chez toi… et papa est content de te voir. La nuit, c’est juste TROP SERRÉ chez eux en ce moment.” J’ai voulu être compréhensive et rassurante… mais clairement, j’ai peut-être fait pire. Parce qu’on entend ensuite la comparaison : pour les autres enfants, il y a de la place la nuit… mais pas pour lui.
Et j’ai aussi l’impression que le KV réduit progressivement les contacts : au début, c’était “un week-end sur deux + un après-midi en semaine”… et maintenant c’est “un week-end sur deux, mais juste une journée”, parfois même une demi-journée.
La semaine prochaine, notre enfant a son anniversaire. Le KV a prévu de faire une sortie le dimanche… si tout va bien pour sa copine. Et au moment où il a repris notre enfant ce matin, il a déjà lâché : “Je le ramène directement après le repas de midi. [La copine] est vraiment KO avec sa grossesse… et le médecin a dit qu’elle devait beaucoup se reposer.”
Je le sens venir : je pense que l’excursion va être annulée.
Et il y a encore une autre scène récente : samedi dernier, il l’a récupéré très tôt. Ils sont allés faire les courses “pour votre famille” (pour dire aussi : pour les enfants) et ensuite, notre enfant a regardé deux films Disney avec les demi-frères… pendant que le KV était occupé.
Après le déjeuner, il a quand même emmené les garçons au parc de jeux avec ses fils… puis il m’a ramené notre enfant vers 15 h. Aujourd’hui, il l’a ramené encore plus tôt. Du coup, je lui ai demandé (avant que notre enfant soit là) : “Vous retentez de faire les courses ?”
Sa réponse m’a vraiment refroidie, et en plus il l’a dite… devant moi, sans filtre, et je crois même que notre enfant était encore dans les parages : “Ça te regarde pas.”
Je n’ai rien ajouté devant notre enfant. Je me suis contentée de lui souhaiter une belle journée.
Franchement… je ne sais pas si j’ai le droit de contester, de poser des limites ou d’expliquer quelque chose quand il y a des mensonges ou des demi-vérités.
Et c’est pour ça que j’ai besoin de vos avis.
Concrètement :
– Est-ce que je dois être plus directe avec mon enfant quand il me demande “si c’est vrai” que je l’ai “utilisé” pour avoir un bébé ?
– Comment répondre sans le mettre en conflit avec son père… tout en empêchant que des choses toxiques circulent ?
– Et sur les aspects pratiques (plus de nuit chez le KV, changements fréquents, annulations probables)… est-ce que vous avez déjà réussi à “tenir” émotionnellement l’enfant, sans que ça devienne une histoire de jalousie (“il y a de la place pour les autres mais pas pour toi”) ?
J’ai l’impression d’avoir besoin d’un échange… de sortir la tête de l’eau. Je suis partagée entre : protéger mon enfant et dire les choses quand c’est nécessaire…
Je suis curieuse de lire vos expériences, même si vous ne répondez qu’à un point précis. Merci… et beau week-end à vous 🌷🧸
Sauf que… dis juste : “on n’était pas ok”, pas de lore sale; tu restes aimé, c’est un buff noob-rage quit.
Salut ! Mon conseil : cherche une aide professionnelle pour clarifier ta position. Je ne sais pas si c’est une bonne idée de dire à ton enfant l’histoire B comme explication alors qu’il entend déjà l’histoire A de son père. En plus, le père semble maintenant l’éloigner progressivement, en te mettant en cause. L’objectif, c’est de te faire accompagner pour gérer la situation sans envenimer les choses : prépare, avec l’aide d’un professionnel, un rendez-vous de médiation auprès des services compétents, afin qu’il cesse de raconter n’importe quoi à l’enfant. Sinon, l’enfant risque d’être tiraillé entre loyautés et de se braquer contre toi, surtout s’il croit qu’il ne peut plus dormir chez son père à cause de toi. Note ce que l’enfant te dit, et pose un cadre clair.
Merci, c’est une bonne idée.
Encore un avis pour une aide vraiment professionnelle. Chez mon cousin, c’était assez semblable. Sa compagne a une fille née d’une précédente relation. Peu à peu, l’enfant a été mise à distance. Ensuite, la mère et mon cousin ont eu un conflit devant le tribunal contre le père. La fille est entrée à l’adolescence et tout est devenu très, très compliqué. La mère voulait montrer à la jeune à quel point le père était mauvais, et lui faisait l’inverse. Au final, le père s’est carrément retiré de la situation : il a maintenant sa nouvelle vie, avec trois autres enfants, plus il y a l’enfant en commun. La fille a 13 ans, elle reste très éprouvée, et on verra comment ça évolue. Donc, mieux vaut chercher de l’aide tôt, accompagner votre enfant et ne pas mettre trop d’attentes dans le comportement du père. Renforcer le lien avec l’enfant est le vrai facteur de protection : vous pouvez le soutenir quand le père ne tient pas ses promesses. Bon courage.
Je lis dans ton message beaucoup d’attentes envers le père, et aussi une déception parce que ces attentes ne se réalisent pas. Par exemple, ton fils est-il vraiment malheureux depuis le week-end, ou pas du tout ? Si ce n’est pas le cas, il n’y a aucune raison de rester déçu. S’il l’est, avec le temps il comprendra lui-même à quel endroit il se situe. On ne peut pas changer ça par des discussions. Ce qui reste, c’est d’être honnête, de ne pas harceler l’ex avec des exigences qu’il n’honorera pas juste parce que tu les souhaites, et surtout d’accompagner ton fils quand il se sent mal avec la situation.
Merci pour ta réponse. Il y a certaines choses que mon fils n’aime pas vraiment. Par exemple le fait qu’il ne puisse plus dormir là-bas. Mais je n’ai pas l’impression qu’il soit très triste à ce sujet. Ça l’occupe plutôt, c’est tout. La semaine dernière, il m’a aussi raconté ce qu’il a fait, mais sur un ton plutôt neutre. Tu as raison : si moi je trouve ça problématique, c’est peut-être surtout mon ressenti qui me pose problème. Merci 🍀
Oui, pour le sommeil, c’est tout à fait compréhensible. Mais si tu enlèves tes propres lunettes (sans jugement), ça devient surtout compliqué en pratique, point. Je pense qu’il faut essayer de présenter ça à ton fils de façon neutre, même si, toi, tu n’es pas forcément d’accord. Au lieu de se dire “tous les deux week-ends”, il y est aussi tous les jours : donc ce n’est pas comme si la situation lui tombait dessus d’un coup. Et le fait que les autres enfants dorment sur place est normal, puisqu’ils y habitent. Ton fils, lui, vit chez toi, il a son espace, sa chambre, etc. Je comprends ton raisonnement, mais si tu entres dans un rapport de force, tu risques de finir cataloguée comme la “méchante”. Dans tous les cas, ton fils sera touché. Le mieux, c’est de laisser le temps travailler pour toi : attendre qu’il comprenne lui-même que son père n’y met pas vraiment de volonté. Ça arrivera sûrement lorsque ton fils proposera ou réclamera quelque chose de précis à son père, et que celui-ci refusera. Pour la séparation, une phrase du genre “Nous ne nous entendions plus comme il faudrait” reste assez neutre.
On ne peut malheureusement pas vraiment dire dans quelle mesure les pères s’impliquent avec leurs enfants. Et quand il y a d’autres enfants dans l’entourage, j’ai souvent vu apparaître des dynamiques compliquées, avec leurs lot de soucis. De ton côté, tu peux seulement être une sorte de point d’ancrage pour ton enfant. Tu ne peux pas “réparer” à toi seule la relation entre ton fils et son père. Ça peut clairement rendre triste. Mais ton fils comprendra, en grandissant, où se trouvent les priorités de son père. À un moment, il n’y aura plus vraiment de place pour arranger les choses. Et toi, comment ça se passe ? Tu as quelqu’un dans ta vie ? Parfois, le rôle du beau-père peut aussi apporter un vrai soutien et reprendre certaines responsabilités, etc.
Merci pour ta réponse. Oui, je comprends. J’essaie d’être un point d’ancrage, et j’espère lui donner assez de stabilité pour compenser le reste. Je ne suis pas en couple. Honnêtement, je n’en ressens pas le besoin, et mon entourage est très majoritairement féminin. J’ai de bonnes amies, mais pas vraiment d’hommes proches. Avec mon père, c’est assez mitigé, alors qu’avec ma mère c’est très fusionnel. Du coup, mon fils a beaucoup de références féminines… et côté masculin, il n’y a que son père.
Moi aussi, je vais chercher du soutien. Le centre de conseil familial serait mon premier réflexe. Je ne vais pas mentir à mon enfant, et à coup sûr j’aurais déjà trouvé, à un moment ou à un autre, des mots adaptés à son âge. Ce n’est pas juste une question de le protéger, mais de lui permettre de vivre quelque chose de cohérent, pas seulement du joli. Quand tu es juste à côté de lui alors qu’il est en colère ou frustré, ça aide au début, mais ça ne dure pas : après, tu n’arrives plus à l’accompagner aussi bien et à lui montrer des issues pour sortir de ce moment. Donc, autant qu’il apprenne maintenant.
Va chercher une aide, y compris pour toi. Parce qu’au final tu commentes des choses de façon un peu jugeante, du genre : « il a vu deux films d’un univers Disney et, au moins, il est ensuite allé jouer dehors ». Ce que fait le père pendant le temps de rencontre, ça ne te regarde pas et ça ne devrait pas avoir d’importance pour toi. Sinon, autant fixer ce temps par décision et s’y tenir.
Tu sais ce qui m’a surpris? Le jugeant : protège le petit, reste simple, note tout, et cadre les rencontres par écrit.