Bonjour à toutes et à tous, je suis nouvelle ici… et j’ai vraiment besoin de vos retours, parce que je suis épuisée et je tourne en rond.
Je suis en couple avec mon mari depuis neuf ans. On s’est mariés il y a cinq ans, et on a un petit garçon. Il y a un peu plus de deux ans, on a déménagé pour des raisons personnelles et pour, je le pensais, améliorer notre vie de famille. Sur le moment, je me suis dit que la distance avec l’ancien cadre, le fait de repartir autrement, et surtout d’être mieux “installés”, ferait du bien à notre couple.
Quand notre fils est né, il y a un peu plus de quatre ans, je pensais aussi que l’enfant nous souderait. En réalité, c’est l’inverse qui s’est produit. Depuis des années, on est dans une crise de couple, et je n’arrive pas à sortir de ce cycle. Aujourd’hui, je supporte mon mari avec beaucoup de difficulté… et ça me fait mal à dire, parce que je fais tout pour être une bonne mère.
Le problème, c’est que je n’ai pas vraiment une amie proche ici avec qui parler librement. Avec ma mère, la relation est compliquée, donc je n’ai pas un endroit sûr pour poser mes mots. Comme si ce n’était pas assez, j’ai dû commencer une psychothérapie assez rapidement après notre arrivée. J’ai tenu un peu plus d’un an et demi, parce que je me sentais déprimée, malheureuse et en train de perdre confiance en moi. Pendant la thérapie, j’ai commencé à aller mieux. Je me sentais plus solide mentalement, plus affirmée.
Mais même quand je vais “mieux”, à l’intérieur de la maison, rien ne change vraiment. J’ai toujours des difficultés avec mon mari. Ça me coûte une énergie énorme, alors que cette énergie, je devrais la garder pour mon fils. Mon thérapeute m’a dit que mon mari avait des traits narcissiques. Je ne sais pas ce que je dois en penser exactement, mais ce qu’il dit colle avec ce que je vis au quotidien.
Concrètement, mon mari est un perfectionniste, mais il n’a presque pas d’empathie. Moi, je ressens beaucoup, je montre mes émotions, je parle, je me donne à fond. Je suis quelqu’un de sensible. Lui, non. Il ne sait pas se mettre à la place des autres et comprendre ce que je ressens. Pour moi, c’est le cœur du problème.
Quand il est stressé, il “décharge” souvent sa mauvaise humeur sur moi et sur nous. Il m’humilie, il me fait des reproches, il me rabaisse. Il critique tout le temps, mais quand il s’agit de reconnaître ses torts, il ne le fait pas. Le schéma, c’est toujours moi qui suis en tort, ou les autres, ou un malentendu, ou une situation qui aurait dû être différente. Résultat, la maison est devenue très lourde. Et ce n’est pas seulement mon malaise à moi… je vois aussi mon fils, et ça me serre le cœur.
Je veux être un modèle pour lui. Je veux qu’il grandisse en voyant un respect mutuel, une forme de sécurité affective. Or, quand il observe comment on s’adresse, comment on se traite, ça me rend triste et je me demande quel impact ça peut avoir.
J’ai déjà essayé d’en parler. Je lui ai dit plusieurs fois que je ne me sens pas bien en sa présence, que je suis malheureuse. Mais j’ai l’impression qu’il ne prend pas vraiment ce que je dis au sérieux. Oui, il s’excuse. Et oui, il promet que ça ne recommencera pas. Sauf que ça recommence. À chaque fois, on retombe dans les mêmes schémas. Les excuses reviennent, mais elles ne changent pas la réalité.
Il y a parfois des périodes où il est presque “transformé”. Pendant deux à trois semaines, il est très attentionné, gentil, de bonne humeur. Il y a un côté prévenant, comme s’il avait enfin compris. Et puis il retombe dans ses habitudes. Je n’arrive plus à faire confiance à l’idée qu’il va vraiment changer, parce que j’ai l’impression que je ne peux pas lui faire plaisir. J’ai l’impression de devoir “fonctionner” comme il veut, au lieu d’exister comme je suis.
Je travaille depuis un an, et j’essaie d’aider autant que possible à la maison et dans l’organisation. Je suis là pour ma famille, et je le fais sincèrement, parce que j’aime mon fils. Mais parfois, j’atteins ma limite. Ce qui me donne de la force, c’est lui, tout simplement. Et je reste aussi parce que, tant que possible, je pense à lui.
Je ne veux pas “enlever” son père à mon fils. Je n’ai pas envie que ça devienne un drame, une séparation traumatisante, des histoires sans fin. En même temps, je dois être honnête: aujourd’hui, en tant que couple, il n’y a presque plus rien. On ne se construit plus à deux. On ne fait pas de choses ensemble. Les sorties existent rarement, et l’initiative vient presque toujours de moi. Lui n’a pas vraiment envie.
Mon mari dit aussi qu’il est dépassé. Il parle de la charge de travail, de la garde et de tout ce qui s’ajoute. Il devient bruyant, il devient blessant, il peut être carrément insultant. Puis après, il regrette. Sauf que, comme je le disais, ça revient, ça revient, et ça revient. Je me demande aussi s’il n’est pas en épuisement, un burnout, une surcharge mentale qu’il ne gère pas.
J’ai essayé de lui faire comprendre qu’il devait prendre soin de lui. Je lui ai suggéré de regarder ses besoins, de faire un peu de sport, de trouver un équilibre. J’ai senti qu’il pouvait avoir quelque chose à l’intérieur qui l’étouffe. Mais même si j’entends qu’il souffre, je ne peux pas continuer à payer la souffrance avec ma dignité et avec mon sentiment de sécurité.
Autre élément douloureux: il rend notre fils responsable de la crise de couple. Je ne partage pas du tout cette idée. Notre enfant n’est pas une cause de rupture. C’est un enfant. Mais ça, ça me détruit aussi, parce que je ne veux pas que mon fils grandisse avec une place qui le rend “coupable”.
Alors voilà où j’en suis. Je suis partagée, et c’est pour ça que je viens ici. Je ne sais pas si je dois rester ou partir. Je veux protéger mon fils, je veux arrêter la violence verbale et l’humiliation, je veux un foyer où on peut se parler sans se blesser. Je veux un homme qui me respecte, qui me valorise, qui me traite avec douceur.
En même temps, je ne veux pas non plus me précipiter dans une décision sans réfléchir. Je regarde notre histoire, ses périodes “meilleures”, sa capacité à s’excuser, et je me dis que peut-être ça évoluera… puis je revois le retour des vieux comportements.
Avez-vous déjà vécu quelque chose de similaire? Comment savoir si ce qu’on appelle des traits narcissiques, ou une personnalité rigide, ou un burnout, peut vraiment évoluer avec un travail réel… et surtout avec des actes, pas seulement des excuses? Qu’est-ce qui, chez vous, vous a aidée à choisir de rester ou de partir, sans vous détruire en route?
Comparé au fait de scroller en cachette, le mieux c’est de poser 2-3 règles simples avant qu’il parte: horaires de textos, pas de questions en boucle, et tu fais un truc qui te calme (marche, douche, aprem avec ton petit). Quand la jalousie monte, tu l’écris, pas tu la balance.
J’espère que tu vas trouver un peu de marge, parce que là ça use trop. Franchement, les excuses sans changement réel, ça sert juste à te faire tenir. Mon rêve ce serait que tu mettes un cadre clair: pas d’insultes, pas d’humiliation, et si ça repart, tu coupes court. Tu gardes la garde de ton cœur et tu protèges ton petit, pas ses “tords”. Et pour savoir si ça peut changer: regarde les actes sur plusieurs mois, est-ce qu’il répare, est-ce qu’il prend de lui sans te viser, est-ce qu’il suit une vraie démarche (psychologue, travail sur lui, règles tenues). Moi je suis restée trop longtemps, donc je te dis: écoute ton corps, sa limite. Si ça redescend toujours au même point, c’est pas un hasard.
L’autre jour j’ai paniqué quand il partait au taf; j’essaie jalousie en respirant 2 min, je me dis: est-ce sa faute ou moi? tkt.
Vous avez clairement un gros souci au niveau du couple… et la phrase du type « en tant que couple, on n’existe plus » laisse penser que le chemin sera long. Mais si votre fils a 4 ans et que votre mari rend cette situation familiale responsable de la crise conjugale, je trouve qu’il y a urgence. D’après ce que vous décrivez, vous ne devriez pas attendre tranquillement que ça passe, vous devez agir dans l’intérêt de votre enfant. Il crie, il devient agressif, il décharge ses humeurs sur vous, et même sur l’enfant. Il vous rabaisse aussi… et ce n’est probablement pas invisible pour un enfant. Surtout, l’idée qu’un enfant de 4 ans serait « coupable » de ce qui se passe entre adultes, c’est grave. Il y a un vrai risque pour son développement, et ça demande des limites nettes, tout de suite. Prenez votre responsabilité pour que votre enfant grandisse sans peur. Croyez-moi, un enfant de cet âge peut être marqué durablement par des débordements d’un parent. Et il capte très vite qu’on lui fait porter le poids de la situation.
C’est un trouble de la personnalité, et seul un professionnel peut poser un diagnostic. Donc non, ce n’est pas à des gens qui ne connaissent pas votre mari de trancher sur un forum. Le vrai sujet, c’est plutôt de comprendre pourquoi vous laissez partir ce temps précieux… et surtout pourquoi vous ne vous protégez pas. Vous ne le récupérerez pas. Et pour votre fils, ce que vous montrez peut aussi lui apprendre comment fonctionnent les relations. Retirer le père, juridiquement, ce n’est pas aussi simple.
Bonjour, et tu t’en rends compte seulement après neuf ans et un enfant? Franchement, c’est dur à croire. Bien sûr, au début on peut se tromper, mais le fait que ça ne tourne pas rond, ça se repère généralement bien plus tôt. Et toi, est-ce que tu as vraiment regardé ce qui cloche de ton côté?
Tu as malheureusement raison, même si ça n’aide plus la personne concernée. Peut-être que ça servira à d’autres. Un enfant n’est pas un “palliatif” de couple. Quand la relation est déjà fragile, ça ne fait qu’aggraver la situation, alors que l’enfant n’y est pour rien.
« Quand tu dis quelque chose, ce que tu dis devrait être mieux que ce que ton silence aurait dit. » À méditer tranquillement, sans te presser.
La question de savoir s’il est narcissique ne change pas grand-chose. Peu importe comment tu nommes ou expliques ses attitudes, le résultat est qu’il ne te fait pas du bien. Ce n’est pas comme si tu ne lui avais jamais parlé de tes peurs et de tes pensées, et ce n’est pas apparu depuis quelques mois non plus. Ça dure depuis des années, et ce n’est pas seulement lié à la crèche. Désolé, mais j’ai du mal à croire qu’il ait vraiment envie de changer. Qu’est-ce qui te retient encore dans ce mariage, au fond? Tu ne penses pas que tu serais mieux sans lui, avec ton fils?
Merci pour ta réponse. Ce qui me retient, c’est surtout notre fils, comme je te l’ai dit. Je ne veux pas lui enlever son père. En dehors de mon mari, de mon fils et de mes beaux-parents, je n’ai pas grand monde ici. Mes parents sont à environ trois heures et demie de route, pareil pour mon frère. Je n’ai pas d’amie à qui je pourrais me confier, ni quelqu’un qui pourrait m’aider si on en venait à se séparer. Je me sens vraiment seule. L’idée de me retrouver avec un enfant seule me fait forcément peur.
Tu ne vas pas enlever le père à ton fils juste parce que vous ne vivez plus ensemble. Tu penses vraiment que ton fils serait plus heureux dans la situation actuelle? Tu n’es pas obligée de déménager à des centaines de kilomètres, tu peux même chercher un logement pas trop loin de ton mari, pour que père et fils puissent se voir autant que vous le souhaitez.
De ce que tu écris, j’ai l’impression qu’il pourrait aussi avoir besoin d’une thérapie. Mais je me dis qu’il n’en a peut-être pas envie et qu’il refuse. En tout cas, je te comprends vraiment, et j’ai vécu quelque chose de proche. Si tu veux, tu peux m’envoyer un message privé, je préfère éviter d’entrer dans les détails ici.
Tu veux bien me raconter ta situation? En message privé, je ne sais pas trop comment faire ici.
C’est super important: lors d’une séparation, tu ne “retire” pas le père à votre enfant. La réalité, c’est juste que vous ne vivez plus le modèle de couple classique. Vous restez des parents toute la vie. Et quand tu dis que tu ne veux pas transmettre au garçon votre manière de fonctionner, c’est compliqué, parce qu’il la subit déjà depuis le début, pendant plusieurs années. Donc, à mon avis, il faut agir. Tu attends depuis longtemps que les choses s’améliorent, mais rien ne change. Tu finis par rester malheureuse. Et il y a un point qui me gêne: ton mari dit que votre fils serait responsable de votre crise. Qu’est-ce qu’il prévoit de faire concrètement contre ça? L’idée, c’est de chercher des solutions, pas de trouver des excuses. S’il ne veut rien construire avec toi, ni pour lui, ni pour le couple, seule, tu ne peux pas tout porter. À ce stade, je pense qu’il vaut mieux se séparer, puis clarifier l’organisation: la garde, les lieux de vie, et qui fait quoi… pour enfin souffler.
Merci pour ta réponse honnête. Tu as raison, notre fils peut continuer à voir son père et à avoir sa présence, même si vous vivez séparés. De son côté, mon mari dit vouloir changer, et il dit aussi vouloir y arriver seul. Le problème, c’est qu’il ne sait pas encore vraiment comment. Il a refusé une thérapie de couple, évidemment, surtout après les conseils de mon psychologue. Il pense qu’un inconnu, qui ne le connaît pas, ne pourra pas l’aider. Qu’est-ce qu’il pourrait lui raconter. Il rejette aussi la démarche pour lui tout seul, en gros pareil. Je lui ai proposé de bouger davantage, de faire du sport, de sortir et de profiter de la nature pour se détendre. Sa réponse a été très simple: quand est-ce que je ferais ça? Il trouve une excuse pour tout. Pour moi, celui qui veut vraiment changer fait des choses concrètes. Celui qui ne veut pas trouvera toujours des raisons… Je ne sais juste pas si ça le motivera et s’il passera à l’action.
Tu as raison sur le fond: quand on veut, on trouve des solutions. Pas besoin d’être connu pour être accompagné et prendre du recul. Sinon, ce serait impossible et ça n’aurait aucun sens. D’après ce que tu décris, ça dure déjà depuis quatre ans et ça ne s’arrange pas. Il pourra essayer de changer, tranquillement, une fois la séparation décidée, sans que tout soit trop compliqué au quotidien. À ce moment-là, tu pourras souffler, te recentrer, et voir s’il prend vraiment les choses au sérieux. Si ça avance, au bout d’un an, tu pourras faire un bilan. Mais surtout, n’accepte pas de te faire attendre encore des années. Ce serait vraiment dommage pour toi, et surtout pour Mini.
Merci beaucoup pour ton message et ta réponse détaillée… Je dois dire que mon mari ne fera jamais de psychothérapie, quelle que soit la forme. Je lui ai aussi proposé quelques idées pour se détendre, un peu comme toi. J’ai juste peur qu’au final il n’en fasse pratiquement rien. Je vais observer ce qui se passe, tranquillement… et s’il ne change pas, on devra envisager de faire autrement.