Salut 😊 Je voudrais comprendre quelque chose: est-ce que vous pouvez me parler d’amour platonique, et surtout de ce que ça recouvre au quotidien… Je me suis un peu renseigné, mais j’ai encore beaucoup de questions! Pour moi, l’amour grandit avec le temps. Au début, je pense qu’on peut surtout parler d’être amoureux, puis l’amour devient quelque chose de plus profond quand on apprend à se connaître, qu’on développe une vraie confiance, et qu’une attache émotionnelle sincère s’installe… Dans ma tête, l’amour platonique, ce serait exactement ça: une connexion intime, très tendre et profondément affective, mais sans passage au niveau sexuel. Est-ce que c’est une manière correcte de voir les choses?
J’ai aussi l’impression que ce concept est parfois tourné en dérision, comme s’il s’agissait forcément d’une relation moins “sérieuse” ou pas d’un amour “authentique”. Pourtant, le ressenti peut être réel, non? Pourquoi on met souvent le sexe au centre comme preuve de l’amour? Vous pensez que c’est lié à des croyances culturelles, à des attentes implicites, ou à autre chose…?
Et comment ça se passe concrètement quand l’un des deux veut avoir une sexualité, alors que l’autre ne la souhaite pas? On gère par la discussion, par des limites claires, par des compromis… ou ça devient vite un sujet de tension? Est-ce que, dans certains cas, l’absence de sexualité vient d’une asexualité ou de traumatismes passés, comme on l’entend parfois?
Si une personne ressent cet amour platonique, et qu’en même temps elle finit par accepter des contacts sexuels pour ne pas blesser son partenaire… comment elle se sent ensuite… et comment elle distingue le respect de soi du fait de “subir”?
Autre point qui me travaille: que se passe-t-il quand on ne comprend ce fonctionnement que plus tard, et qu’il y a déjà une histoire engagée… voire des enfants? On ne souhaite pas forcément tout casser, mais les solutions comme les relations ouvertes peuvent être douloureuses ou difficiles à expliquer. Comment préserver le lien familial, et surtout la stabilité des enfants…?
Merci d’avance pour vos retours, vos expériences et vos idées… Je suis preneur, même si ce n’est pas simple! 😅
Tu connais la relation entre Éros, Philia et Agapé, dans la philosophie grecque? On les présente souvent comme trois grandes façons de parler de l’amour. L’Éros renvoie à l’amour sensible, celui qui passe aussi par l’attirance et le désir. La Philia, c’est plutôt l’amour de l’esprit, avec des valeurs proches, des centres d’intérêt qui se recoupent et une manière de penser qui colle. Et l’Agapé, c’est l’amour sans calcul, parfois décrit comme un amour presque spirituel, qui ne dépend pas de conditions. Si je devais résumer, je dirais que la combinaison Philia plus Agapé ressemble le plus souvent à ce qu’on appelle l’amour à la manière de Platon.
Dans une relation de couple, je pense qu’il serait sain d’avoir un peu des trois. D’après mon expérience, l’Éros est pourtant un compagnon assez changeant. Il arrive, il repart, et si on ne s’appuie que sur lui, la base devient fragile. En revanche, quand il y a aussi de la Philia et de l’Agapé, ça donne une solidité plus durable. Et je me surprends à croire qu’on peut, avec une attitude d’Agapé, vivre une intimité physique sans que ce soit uniquement guidé par la pulsion. Pas une course effrénée pour se satisfaire, plutôt une présence affectueuse. Aimer l’autre comme une personne entière, avec le corps et l’esprit, parce qu’il s’agit bien d’un être humain, pas juste d’une envie du moment… même si, avouons-le, ça peut sonner très idéaliste.
Je me dis aussi que dans certaines pratiques comme le tantra, la rencontre passe surtout par cette idée d’Agapé, une sorte de respect chaleureux. J’imagine une forme de Namasté, l’idée de se sentir reconnu, rassuré, pleinement accueilli. Par exemple, je pourrais dormir près de mon partenaire sans être en mode désir immédiat, juste pour être proche et faire du bien. Et parfois, ça se limite aussi à une bonne séance de massage. Bref, j’y pense encore… Mon constat pour l’instant: l’Éros tout seul, c’est comme manger un fast-food très bon, sur le coup ça régale, mais ça cale mal et ça ne nourrit pas vraiment sur la durée.
Ce n’est pas exactement la façon dont Platon le formule: chez lui, l’amour dit platonicien prend son point de départ dans l’Éros.
Tu veux dire comme ça? Pour moi, Platon laisse plutôt entendre que l’amour pour une seule personne serait moins “vrai”, et que l’amour authentique viserait le beau en général. Mais je ne suis pas du tout spécialiste de la philosophie. Là, je parle surtout de la façon dont on comprend aujourd’hui l’amour platonique.
Je n’ai jamais vraiment associé le terme d’amour platonique à une relation de couple. Plutôt, je l’imagine comme une forme d’attachement très profond entre deux personnes, qu’elles soient du même sexe ou d’un sexe différent, où l’érotisme et l’attirance physique ne comptent pas, et où il ne s’agit pas d’une relation. Et si, une fois que la vie a commencé, on réalise seulement plus tard qu’on ressent ce type d’amour, avec des enfants déjà présents? Pour moi, dans ce cas, on est souvent face à une relation où le désir et l’ambiance se sont éteints, donc pas vraiment à de l’amour platonique. Pourquoi vouloir rassembler des idées sur ce sujet?
Pour moi, l’amour platonique, c’est plutôt de l’ordre de l’amitié. Et sur le fait que des relations ouvertes soient présentées comme une solution, je comprends que ça puisse être ressenti comme compliqué, voire incompréhensible, dès lors qu’il y a des enfants. Mais justement, depuis quand les enfants seraient impliqués dans la vie sexuelle des adultes? Franchement, ils n’ont rien à voir là-dedans et ils ne se rendent pas compte. Qu’on parte faire du sport deux heures ou qu’on ait une intimité, ils ne savent pas ce qui se passe.
Je ne pense pas qu’elle ait voulu dire que les enfants sont présents 🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️🤦🏻♀️
Je ne vois pas comment ça pourrait les traumatiser, ni pourquoi on parle des enfants dans ce contexte. Les enfants n’ont rien à voir avec la sexualité des adultes. Alors, en quoi est-ce traumatisant s’il rentre parfois du travail plus tard. Ce qu’il fait ensuite, ils ne le savent pas.
Jamais j’aurais cru que des gens puissent dire “pas de souci, les enfants s’en foutent” avec autant de confiance. Quand je repense à une soirée où on a failli tout casser pour un truc intime, j’ai vu à quel point l’ambiance, les non-dits, les regards, ça se sent direct, même si personne raconte rien. Donc oui, attachement sans sexe ça peut exister et être hyper réel, mais réduire la suite à “ils ne savent pas” c’est un peu naïf. Et puis la question qui me trotte: tu crois vraiment que ça ne leur met aucune pression, même indirectement, quand les adultes s’évitent ou négocient en permanence?
Tu poses ta question de façon assez générale et sans viser quelqu’un en particulier. Du coup, on comprend moins ce que tu cherches exactement. J’ai l’impression que tu es en couple avec des enfants, mais que tu ne veux plus de vie affective et intime avec ton mari, tout en l’aimant encore. Le mot « platonique » ne colle pas vraiment ici, parce qu’une union inclut forcément aussi la sexualité. À mon avis, il vaut mieux chercher d’abord pourquoi tu n’as plus d’envie, afin de traiter le vrai sujet. Est-ce plutôt lié à la relation en elle-même, ou à un mal-être plus physique, ou plus psychologique? Dire que tout doit devenir platonique pour se rassurer risque surtout de ne rien régler.
Rue de l’Hinauswill 😂 Tu parles d’où, exactement?
Oui, c’est là. On y trouve aussi le faux-correcteur 😁😁😁
Pour moi, l’amour platonique, c’est une amitié sans attirance sexuelle. L’amour romantique inclut une part de cet idéal, mais il dépasse largement le cadre de l’amitié, notamment parce qu’il y a aussi la dimension de la sexualité. Du coup, ça me paraît plus intense et plus vaste. C’est aussi pour ça que, souvent, on finit par vouloir vivre avec la personne, construire quelque chose, ou carrément envisager le mariage, parce que plusieurs éléments semblent pouvoir se rejoindre. En revanche, une relation platonique seule suffit généralement mal pour vivre ensemble, ou partager le même lit. Ça peut vite devenir gênant. Donc, par exemple, on ne “marie” pas forcément sa meilleure amie, et je ne pourrais pas me dire que ce serait juste pour lui faire plaisir et passer à la sexualité. Par contre, je peux comprendre qu’on se contente d’une amitié si on n’a pas vraiment d’attentes fortes, ou si on ne s’est jamais vraiment senti amoureux. Dans ce cas, ça vaut peut-être le coup de se poser des questions. Est-ce que toi, tu as déjà ressenti une vraie attirance romantique? Et une relation ouverte me paraît compliquée quand on a des enfants, sans parler des risques liés aux infections. Si j’en arrivais à ouvrir ma relation, je ne penserais pas seulement à des relations sexuelles ailleurs, je laisserais aussi de la place à un autre partenaire, plus compatible. Sinon, j’aurais juste l’impression de rêver d’autre chose.
Je vois aussi l’amour platonique plutôt en dehors d’une relation de couple. Par exemple, je dirais que j’aime ma meilleure amie, mais d’une manière platonique. Quand on a traversé une période très dure, ça ressemblait quand même à un chagrin d’amour vraiment intense, presque au même niveau que ce qu’on vit en romance. Certaines personnes estiment que ça peut “suffire” comme relation, mais ça dépend beaucoup de la définition qu’on met derrière le mot amour. Il existe même des approches qui affirment que ça ne dure pas au-delà de sept ans, ce qui montre surtout que c’est une question de vocabulaire. Pour le sexe, justement, dans l’amour platonique, ce n’est pas le sujet. Et si l’amour platonique est à sens unique, ça peut devenir compliqué, surtout au sein d’une relation à deux. À mon avis, tenir sur la durée risque d’être difficile.
J’ai mal compris, “Platon”. Pour moi, l’amour platonique, c’est un attachement qui n’est pas physique. Par exemple, je pourrais aimer quelqu’un de façon platonique sans jamais le lui dire, en secret. Non dit. Je ne sais pas si c’est exactement ça, mais c’est ma définition personnelle. Je le vois comme plus fort qu’une simple amitié.
L’amour platonique n’a pourtant rien à voir avec un dieu. Je ne connais aucun dieu nommé “Platon”. Ici, il est surtout question du philosophe grec de l’Antiquité, Platon.
Tu as raison.
La théorie de Platon se résume à peu près comme ça: il parle d’Eros, c’est-à-dire d’une forme d’amour tournée vers le désir et l’attirance, mais aussi vers une quête plus profonde. L’amant ressent un manque important et cherche à le combler. Ce qu’il veut utiliser pour combler ce manque, c’est l’objet de son amour. Son action est poussée par un besoin intense. Platon décrit ensuite un chemin de connaissance par degrés, qui va vers quelque chose de plus général et, en même temps, plus satisfaisant. Au niveau le plus bas, il y a la beauté corporelle. Puis vient la beauté de l’âme, liée aux qualités morales. Ensuite, la beauté de la connaissance, où la beauté renvoie à ce qui est universel, visible à travers le particulier. Enfin, l’étape la plus haute et la plus parfaite correspond à une beauté totale, stable, et en quelque sorte accessible comme une réalité. L’ensemble représente le but des efforts de l’amant. Ce n’est pas uniquement une attitude passive: il est question aussi d’une validation créatrice, où l’on peut contribuer à faire émerger cette perfection. Platon jugeait la sexualité peu digne pour un philosophe, donc elle compte finalement peu dans sa théorie. Et pour gérer des visions différentes dans un couple, la meilleure approche semble être d’en parler franchement, de chercher à comprendre, et d’examiner calmement ce qui peut convenir à chacun.
J’ai peur que tu te fasses des films, mais bon, je comprends: l’amour sans sexe peut carrément exister, et ça ressemble à une vraie complicité tendre, des gestes doux, du respect, du partage. Le souci, c’est que dans notre culture, le sexe est vendu comme “preuve” de sérieux, alors les gens paniquent dès que ça sort du moule. Résultat, on se moque ou on minimise, alors que ça peut être hyper sincère.
Concrètement, si l’un veut du sexuel et l’autre non, ça doit passer par des limites claires, pas par le “je vais me forcer”. Soit vous en parlez vraiment, soit ça devient une dette émotionnelle. Et si quelqu’un cède juste pour pas blesser, après il peut se sentir vidé, comme un compte bancaire passé en découvert.
Si vous découvrez ça après une histoire posée avec les gamins, l’idée c’est préserver le quotidien stable, sans blabla romantique. Budget serré ou pas, la stabilité coûte moins cher que la casse.
Tu sais ce qui m’a surpris? J’ai vecu une relation sans sex: tendre, present, limites nettes. Quand l’autre voulait plus, on a parle pose, sans se forcer, et ca a evite le ressentiment. Merci pour ta lucidite, le respect de soi, c’est pas subir en silence.