Je suis un peu fatigué de cette sensation de faire toujours les choses à moitié, surtout sur la question du “plaisir” au quotidien. Avec ma partenaire, on ne sort presque pas pour juste se faire du bien. Les sorties type café en ville quand il fait beau finissent souvent par “restons à la maison”. On ne reçoit pas non plus de petites attentions. Pas de fleurs juste comme ça, pas de cadeau sans raison, et quand j’en parle, ça retombe vite sur le “t’inquiète”. Parfois elle me laisse entendre qu’elle fait mieux autrement, mais au final je ne vois pas grand-chose de concret.
Je ne parle pas de dépenses énormes, je parle de gestes simples, qui donnent envie. Est-ce que vous êtes aussi dans cette situation, ou est-ce que vous êtes vraiment gâtés de temps en temps?
Je dirais que oui, je me sens gâtée par moments, mais pas forcément sous forme de grandes choses. Pour moi, le “plaisir” au quotidien, ce sont des gestes simples et réguliers, qui montrent qu’on pense à moi sans que je doive relancer sans arrêt.
On essaie de se faire des parenthèses. Aller manger dehors juste parce que ça nous ferait du bien, se caler une balade quand il fait beau, prendre un petit moment pour se détendre à deux. Parfois il me surprend avec quelque chose de concret, comme une glace au bord d’un coin sympa ou une petite attention gourmande ramenée comme ça, sans occasion spéciale. On arrive aussi à caler des choses plus cocooning, genre un massage ou un moment sauna, quand on peut, et là je vois clairement la différence.
Et surtout, depuis qu’on gère le quotidien à deux avec une vraie fatigue, ça me fait du bien quand il me laisse de l’air. Si j’ai envie de sortir avec des amies, il ne le vit pas comme une charge, il considère ça comme normal. Quand ça marche, je ne me sens pas à moitié. Après, je comprends la lassitude dont tu parles, parce que quand ça retombe vite sur “t’inquiète”, on finit par espérer moins, et ça, ça épuise.
Je me reconnais un peu. Chez nous, les gestes fins ont tendance à disparaître dès que le quotidien prend toute la place. On a commencé à se prévoir un petit moment précis chaque semaine, sans négocier, juste pour se faire du bien. Ça change vraiment, même avec peu.
Je vois très bien la dynamique que tu décris. Chez nous, ce n’est pas la question de “se faire plaisir” au sens grandiose, c’est plutôt le manque de petits signaux réguliers. Souvent on se dit que l’autre comprendra, puis ça s’éteint dans la routine. Ce qui a aidé, c’est d’arrêter les discussions trop générales. On a choisi un moment simple et fixe, genre une sortie courte sans projet derrière, et on s’est mis d’accord sur une micro-attention attendue chaque semaine, même minuscule. Pas pour “payer” l’autre, juste pour que ça existe vraiment.