J’ai vécu beaucoup de choses avec mon partenaire depuis longtemps, on se connaît depuis 2008, mais en ce moment je sature vraiment. Il a un fonctionnement avec l’ADHS, et certaines journées me laissent totalement à plat. Le pire, c’est que je ne sais plus si j’ai encore assez de force pour tenir dans la durée, comme si je devais encaisser sans arrêt.
Ce qui m’épuise aussi, c’est le coffre de la voiture. On y retrouve des sacs, des objets laissés là, des restes qu’il dit avoir “oubliés”, et moi je finis par faire le tri à sa place sans que ça ait l’air de se régler. Je me retrouve à courir après des détails qui devraient être simples.
Vous avez déjà vécu un truc comme ça avec l’ADHS, et comment vous arrivez à poser des limites sans que ça parte en dispute?
Avec l’ADHS, le problème n’est pas seulement “oublier” ou “être désorganisé”. C’est surtout la difficulté à démarrer, prioriser et terminer. Du coup, si tu te retrouves à trier le coffre à sa place, tu ne “résous” rien, tu le sécurises dans le fonctionnement actuel. Et toi tu finis vidé.
Ce que je viserais, c’est une limite claire et répétable, pas une dispute au moment où tu satures. Par exemple, tu peux décider que tu ne prends plus l’initiative du tri. Tu peux dire calmement que le coffre reste à son niveau et que toi tu ne portes pas les sacs, ne récupères pas les restes et ne “rattrapes” pas les oublis. Si tu dois utiliser la voiture, tu gères ce qui est nécessaire pour toi, le reste reste dans le coffre.
Pour éviter l’escalade, parle de règles très concrètes, pas d’intentions. Une règle simple peut être, une seule zone dans le coffre, tout ce qui arrive dedans doit être remis au même endroit. S’il y a des déchets ou de la nourriture, il faut une vérification au retour, même courte. Quand c’est ingérable, tu l’aides sur un temps limité, par exemple dix minutes, puis tu arrêtes. L’idée, c’est qu’il participe et qu’il subisse les conséquences logistiques quand il ne le fait pas, sinon ça recommence toujours.
Je comprends ton épuisement, et oui, avec un fonctionnement en lien avec l’ADHS, les journées “faciles” deviennent rares. Le truc que je trouve important, c’est de regarder aussi ce qui aggrave le tout, pas seulement le trouble en lui-même. Par exemple, s’il arrive qu’il boive beaucoup, ou qu’il soit franchement dans un état qui le désinhibe, le lendemain comme la veille peuvent être bien plus ingérables, et toi tu finis par payer la facture en triant encore et encore.
Pour poser des limites sans que ça dégénère, il faut souvent arrêter de négocier au moment où ça déborde. Choisis un moment calme, et parle de faits simples. Là, pour la voiture, tu peux faire un cadre concret et répétable : “Je ne vide plus le coffre tous les jours. On fait un tri ensemble une fois par semaine, et à partir de là les affaires restantes restent à sa place.” Si tu sens que tu vas replonger dans le rangement automatique, tu t’arrêtes, tu dis juste que tu ne prends pas le relais.
Pour éviter les disputes, remplace le débat par une conséquence logique. Si un sac reste là et que tu ne l’emmènes pas, ce n’est pas contre lui, c’est juste la règle. Et si tu observes que certains épisodes sont liés à l’alcool, insiste pour qu’il en parle à un médecin ou à un suivi, parce que sinon tu vas continuer à encaisser seule.